Comprendre/Le chiffre

Pauvres comme jobs: ils sont 40.000 en #BeGov

Paradoxalement, alors qu’il n’y a jamais eu autant de Flamands au travail, si vous pensez que l’emploi est le meilleur remède contre la pauvreté, détrompez-vous, explique, en susbstance, le chercheur du HIVA dans sa carte blanche dans le quotidien économique flamand « De Tijd » aujourd’hui.

Le nombre de travailleurs pauvres a atteint 40.000 et est en croissance constante selon Ides Nicaise chercheur sur la question sociale HIVA/ KU Leuven​.

En effet, le niveau de pauvreté des travailleurs augmente et ils représentent environ 40.000 travailleurs en 2016 sur les 120.000 emplois créés sur deux ans. Si en pourcentage ça ne représente qu’une augmentation de 3,9% de travailleurs pauvres en 2005 à 4,7% en 2016, c’est notable que l’emploi créé en 2016 ne protège pas de la pauvreté, quand nos politiciens n’ont qu’un credo: travailler à tout prix, traduction : à n’importe quel prix, et préfèrent des pauvres au travail aux pauvres au chômage et RIS, sauf s’ils sont contraints au travailcommunautaire (sic).

Un begov pro-patronal qui généralise le mauvais emploi

« En 2014-2016, le nombre d’emploi créé s’élève à 120.000 alors pourquoi la pauvreté augmente-t-elle chez les travailleurs?  » se demande Ides Nicaise. « La qualité des nouveaux emplois est en effet loin d’être optimale: 40% sont à temps partiel, la moitié (52%) temporaires. La petite moitié (47%) rétribuée au niveau des 20% d’emplois les moins rémunérés » constate Ides Nicaise (HIVA/KUL).

Les chômeurs demeurent les plus affectés par l’appauvrissement dramatique, grâce aux politiques antisociales, avec une hausse du risque de pauvreté pour eux de 30,7%, en 2005, il grimpe à 45,9% en 2016 (dégressivité et allocation en dessous de tout : les allocations d’insertion mais aussi le temps partiel des femmes qui ne paient jamais assez surtout depuis la rétrogadation du complément chômage au niveau de 2008 par Michel, sans oublier tous ceux, enfin surtout celles, qui se font désormais jeter de la protection sociale ou n’arrivent plus à y accéder …).

Par ailleurs, il est reproché aux allocations de chômage leur niveau élevé (sic) donc disuasif pour le retour à l’emploi, or la Commission européenne a étudié le niveau des alloc et le retour à l’emploi et n’a trouvé aucun lien, selon le chercheur. Donc rien qui justifie les politiques austéritaires vendues comme « incontrounables » pour « retrouver du travail » par nos gouvernants, visblement très peu éclairés ou qui poursuivent d’autres buts comme la baisse des salaires et du coût du travail, au hasard.

Toute notre politique de l’emploi gouvernmentale depuis les années 90 est donc basée sur des mensonges et des hypothèses jamais corroborées par les faits: trop bien payer le chômeur ne l’incite pas à se bouger le cul, la preuve que non puisque 40.000 sont des travailleurs pauvres et les salaires belges sont gelés depuis des années et ad vitam grâce à la loi de compétitivité de 1996 qui ne sert plus qu’à ça, puisque le handicap compétitif est désormais résorbé.

Pauvres comme job ou le rêve américain ici aussi !

Et ce n’est évidemment pas un phénomène isolé, toute l’Union européenne ne produit rien d’autre que de l’appauvrissement par ces politiques de dérégulation des droits sociaux et des niveaux salariaux.

Selon Eurofund​ dans son dernier rapport Job Monitor 2017 sur l’emploi et les inégalités salariales : « Ces derniers temps, la croissance de l’emploi dans le secteur des services connaît une polarisation asymétrique, qui se traduit par une augmentation du nombre d’emplois situés dans les extrémités supérieure et inférieure de la répartition salariale ».

En clair, malgré le retour au même niveau d’emploi qu’avant 2008, l’UE fait face à une « américanisation » du marché de l’emploi avec des disparités salariales très fortes, des très grands écarts entre des très hauts et des très bas salaires, ce qui préfigure la disparition de ce qu’on appelait la « classe moyenne » chez nous où la sécu avait jadis un rôle beaucoup plus réducteur des inégalités et protecteur contre la pauvreté qu’aujourd’hui, où c’est l’inverse: la sécu et l’aide sociale garantissent une pauvreté endémique aux travailleurs déclassés qui y émargent.

La vision monolithique du travail et de la carrière linéaire, qui prévaut dans la tête de nos politiciens et date des années 60 où le plein-emploi régnait, mérite un upgrade au niveau actuel de la réalité, pas du tout virtuelle, de la précarisation, de la faible intensité de travail, doublées à la faiblesse salariale des nouveaux jobs créés pour un système économique en roue libre, qui ne demande que plus d’impunité pour déréguler les protections contre l’appauvrissement et favorise ainsi la baisse des salaires.

L’UE du dumping salarial ou le tout au marché … de dupes!

Cette victoire des patrons est consacrée par la directive européenne sur les travailleurs détachés qui organise le dumping salarial intra muros et crée ici un marché du travail semblable au modèle américain, qui lui est dépourvu de protection sociale (on y court avec toutes les « réformes nécessaires et incoutournables pour pérenniser le système » – c’est cela, oui), et le développement du travail atypique (ubérisation = fraude sociale, appelons un chat un chat) qui permet la ségrégation de classe, ethnique, et le non-droit aux prestations élémentaires de santé et conduit aux colis alimentaires, au foodstamp et à la prolifération du sans-abrisme. Bref le modèle « marche ou crève » de la droite extrêmement extrémiste au pouvoir !

Notre sécu réduite à une variable d’ajustement du budget par begov

Ce n’est pas le modèle qu’avait en tête les politiciens en 1944 qui ont voté la création de la sécurité sociale, certes, un peu, voire fort, poussés par la peur des Bolchéviks, faut le reconnaître. Or les Bolchéviks sont de retour, si, si ! Et ça Bart ne l’avait pas prévu, quand il a manœuvré pour rendre le PS très impopulaire en le faisant signer des politiques très très antisociales, pour dézinguer son électorat, (et toutes nos conquêtes sociales) ce qu’il a fait, en prime, preuve qu’il n’est plus socialiste que de nom, et que malgré ses larmes de crocodiles, on ne lui pardonnera JAMAIS (sans parler de sa corruption).

Bientôt la marque PS disparaîtra de Wallonie. Quand on ne sait pas changer le fond, on fait du rebranding, une nouvelle marque, un nouveau logo, un nouveau slogan, bref de la fumisterie fort coûteuse (mais ils ont déjà de talentueux spin doctors qui nous ont quand même vendus que du bleu pétant c’était du rouge profond toute la législature précédente…).

Une Wallonie décomplexée va donc dépoussiérer marteaux et faucilles car ces dangereux « communisss », – qui veulent, eux, des réformes inverses de celles du Voka, le patronat flamand, actionnaire principal de la N-VA, – ont le vent en poupe dans les sondages et font trembler l’establishment.

Les Wallons te la mettent profond Bart …

 

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Sources:

Opinie « Goed nieuws op de arbeidsmarkt, behalve voor de armen » Ides Nicaise in De Tijd​ 07/07/17

« Occupational change and wage inequality: European Jobs Monitor 2017 », Eurofund

 

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